La première série de cours va être consacrée à Schumpeter aka le  pionner de la dynamique économique et de l’innovation.

Rdv tous les jeudis pour obtenir une partie étudiée (qui sera aussi disponible en PDF). A la fin de l’étude, je mettrai à disposition l’ensemble du document gratuitement. Je préparerai aussi une version augmentée pour pouvoir produire un e-book qui sera vendue entre 50 centimes et 2 euros je pense.

Résumé de l’étude :)

Le processus d’innovation est le principe fondamental du mouvement dynamique de l’économie selon JAS[1]. Pour les besoins de son argumentation, il décrit ce à quoi ressemblerait un environnement économique sans innovation. Cet outil de compréhension : le circuit économique[2], postule que les agents économiques basent uniquement leurs décisions économiques par rapport à une modification des données environnementales et en fonction de leur expérience : ils n’ont donc aucun moyen cognitif de s’extraire du circuit économique. L’entrepreneur Schumpetérien, quant à lui, s’oppose à ce schéma statique de l’économie en devenant le support de l’innovation[3]. C’est-à-dire qu’il va supporter une invention jusqu’à son entrée dans le processus productif et commercial puis tout au long du cycle de vie du produit. La théorie du commandement apparue dans Capitalisme, Socialisme et Démocratie nous apprend que c’est aussi l’entrepreneur qui va appuyer, soutenir et faire adhérer la masse à son idée, son innovation[4]. Ainsi, si nous résumons, le flux d’innovations est vertical : les innovations proviennent des entrepreneurs et après une friction avec le public, seront (ou non) acceptées.

Cependant, les Technologies de l’Information et des Communications ont largement modifié le processus d’innovation. En effet, les techniques de management, de mercatiques et de communications comme l’open innovation[5], le crowd-sourcing[6] ou encore le marketing participatif[7] font apparaitre un flux vertical d’innovation inversé : les idées proviennent de la masse et des consommateurs et l’entreprise se charge de proposer des produits et services respectant les indications des consommateurs[8]. De plus, l’innovation est devenue quelque chose de fréquent et d’accessible[9]. Je questionne donc la théorie schumpétérienne sur ces points : faisons-nous réellement face à une disparition des entrepreneurs (telle qu’elle est prédite par JAS dans CSD[10]) ou plutôt sommes-nous dans une étape d’inversion de la théorie du commandement ? (Auquel cas l’entrepreneur existe toujours et reste le support de l’innovation mais c’est la relation de commandement qui s’est inversée au fil du développement technologique).



[1] Joseph Aloïs Schumpeter

[2] Théorie de l’évolution économie 2ème édition, JAS, Chapitre 1 : « Le circuit de l’économie : sa détermination par des circonstances données » page 1 à 76, édition Dalloz

[3] Théorie de l’évolution économie 2ème édition, JAS, Chapitre 2 partie 3 : « Le circuit de l’économie : sa détermination par des circonstances données » page 94 à 106, édition Dalloz

[4] Capitalisme, Socialisme et Démocratie, JAS, Chapitre 21 « La doctrine classique de la Démocratie » page 341 à 360, édition La Petite Bibliothèque Payot

[5] C’est Henry Chesbrough qui a été le premier à parler d’Open Innovation. On  retrouve un livre complet à ce sujet : Open Innovation The new imperative for creating and profiting from technology

[6] Le crowd-sourcing est une méthode d’ouverture de l’entreprise dans le but d’outsourcer certaines fonctions de l’entreprise vers une masse conséquente d’acteurs.

[7] A l’instar du crowd-sourcing, la marketing participatif suit le même principe mais est principalement dirigé vers les consommateurs d’un produit ou d’un service produit par une entreprise.

[8] On peut illustrer cela en prenant l’exemple de Danone qui mena une campagne électorale où le consommateur devait élire la saveur qui serait par la suite produite par l’entreprise.

[9] Grace aux TICs et principalement internet, nous notons l’émergence d’une population « proams » : c’est-à-dire pro-amateurs. Youtube, Wikipédia et Kahn Academy sont certains de ces médias permettant l’évolution de degré de connaissances des individus. Mais cela n’est pas tout : aujourd’hui les techniques de crowd-funding permettent de financer une idée bien plus facilement qu’en intégrant les instances classiques et rigides habituelles comme les banques.

[10] Capitalisme, Socialisme et Démocratie, JAS, Chapitre 12 « Les murs s’effritent » partie 1 « Le crépuscule de l’entrepreneur » page 185 à 190, édition La Petite Bibliothèque Payot