Entrepreneurs et TIC – une remise en question de la théorie Schumpéterienne
La théorie Schumpétérienne est une théorie basée sur l’étude de la dynamique des faits économiques. Mais avant dans en arriver à ce point et afin de bien cerner la pensée de l’auteur, nous devons à notre tour reprendre la démarche qu’il a faite pour expliquer l’environnement économique, et ce, en faisant abstraction de l’évolution : il s’agit donc de présenter, selon la pensée de l’auteur, le circuit économique (qui se place dans une économie nationale mais transposable à des économies interagissant dans un contexte international).
Formalisation du circuit économique
Il convient, avant tout autre chose de formaliser clairement le circuit économique. Nous pouvons définir ce circuit comme étant une suite de périodes économiques synchronisées (ou le temps est neutre, n’impacte pas le circuit) . Ces périodes sont représentés par des canaux liant les acteurs producteurs et les acteurs consommateurs, en retenant le fait que chaque acteur est lui-même producteur et consommateur. Pour, expliciter cela, nous pouvons poser le postulat de départ que tous les agents économiques sont dans la même situation : ils vendent leur production et achètent des produits sur le marché (qui est le lieu de rencontre matériel ou immatériel de l’offre et de la demande) ; Cet échange alimente le courant de bien dans une économie nationale. Ainsi, dans notre compréhension, le terme producteur est un terme relativement vaste. En effet, il s’agit de comprendre ici que nous évoquons autant les producteurs individuels que les salariés (la main d’œuvre) qui vendent leur force de travail aux entreprises les recrutant. Dès lors chaque agent consomme dans une période N la production d’une période N-1 avec le revenu qu’il a dégagé de sa force de production à la période N-1. Nous comprenons alors que ce qu’il produit à la période N va générer le revenu qu’il utilisera et la production qui sera consommé à la période N+1. Ainsi, nous dressons ici l’image d’une économie qui se reproduit à l’identique à la période suivante à l’instar de la reproduction simple chez Marx. Cette reproduction s’appuie sur des hypothèses de comportements des agents économiques.
Le circuit économique : l’expérience et la routine des acteurs
C’est maintenant que nous pouvons aborder un point central dans la statique de l’économie selon Schumpeter. Il s’agit de l’expérience et des routines. Ainsi, chaque agent économique tend à reproduire ses habitudes économiques et lui permet d’anticiper l’offre et la demande futures, on parle alors d’anticipations des acteurs. Ainsi, les périodes économiques précédentes indiquent le comportement à adopter pour les périodes économiques suivantes. A l’apparition d’un choc (que nous pouvons définir comme une perturbation sur le plan économique), les agents économiques vont se référer à leur expérience pour prendre des décisions et ainsi internaliser ces chocs. Nous faisons apparaitre un aspect important de la théorie statique selon J. Schumpeter. En effet, lorsque nous expliquons que les agents économiques modifient leur comportement uniquement en fonction de chocs externes, cela signifie qu’il n’y a pas de modification arbitraire de leur comportement : les agents économiques s’adaptent aux modifications des données et de l’environnement. Ainsi, selon l’auteur, il n’y a donc pas de modification du circuit et ce dernier reste le même : les agents économiques se servent de leur expérience pour revenir à une situation stable et identique à la période précédente . l faut véritablement conclure ce point sur l’expérience en précisant que le comportement des acteurs ne génère pas de nouvelles combinaisons. “Dans les voies accoutumées l’agent économique peut se contenter de sa propre lumière et de sa propre expérience, en face de quelque chose de nouveau il a besoin d’une direction. Alors que dans le circuit connu de toutes parts il nage avec le courant, il nage contre le courant lorsqu’il veut en changer la voie. Ce qui lui était là-bas un appui, lui est ici un obstacle.”
Les mécanismes de l’Offre et de la Demande dans le circuit économique
Par ailleurs, il est nécessaire d’aborder brièvement la demande avant de discuter de l’appareil productif dans le circuit économique. La demande selon Schumpeter et dans le circuit économique permet de mesurer et de régler l’activité économique. Celle-ci née des besoins à l’instant présent des agents économiques et ces besoins sont la raison d’acquérir des biens. Cette demande, et comme nous le verrons pour l’appareil productif ci-après, suit un mouvement routinier (c’est-à-dire qui ne se modifie que sous la contrainte de données externes comme des chocs). Venons-en maintenant au sujet principal de ce paragraphe : l’appareil productif et ses mécanismes. Ces derniers sont, selon l’auteur, automatiques et orientent leur production vers la satisfaction des besoins présents. En effet, bien que nous puissions observer la présence de directeurs prenant des décisions. Mais étant donné qu’il n’y a pas de modifications arbitraires, ces agents avec un certain pouvoir décisionnel ne doivent prendre des décisions qu’à un niveau plus élevé mais toujours de la même façon qu’un salarié. Il n’y a donc pas véritablement de directeur dans une organisation mais seulement un mécanisme quasi automatique porté par un Administrateur Gestionnaire qui suit les envies du consommateur (qui est alors le moteur de l’appareil productif). “[Ainsi ]il ne peut avoir de crises dans une économie nationale [respectant le schéma du circuit économique] parce que l’expérience influe sur la production qui elle est sous l’influence de la demande immédiate qui repose immédiatement sur les besoins et des moyens de productions présents”.
Conclusion
Le circuit économique est un outil d’analyse qui permet à J.A.S de représenter l’interdépendance des activités économiques dans un univers statique. Mais l’objet principal de l’auteur n’est pas la statique mais l’économie capitaliste en ce qu’elle est en mouvement : son objectif est non pas de s’intéresser aux changements quantitatifs résultant d’ajustements à des modifications des données mais de rendre compte du changement qualitatif. « Le capitalisme, répétons-le, constitue, de par sa nature, un type ou une méthode de transformation économique et, non seulement il n’est jamais stationnaire, mais il ne pourrait jamais le devenir. » Cela suppose pour J.A.S d’expliquer les facteurs endogènes de changement.



